Durant toute sa carrière, le travail de Clair Arthur s’est articulé autour du dessin, du théâtre, de la mise en scène, de l’écriture. Depuis quelques années, après une année d’exil à New York, l’artiste spinalien s’est consacré à la peinture. Il peignait à la lumière du jour et lorsque celle-ci déclinait, il vagabondait dans les rues de Manhattan, ayant toujours sur lui son carnet à croquis. Au terme de cette expérience, où il avait mis de côté l’aspect caricaturiste de son travail comme dans ses images d’Epinal par exemple, il abandonné la peinture à huile. Depuis, il dessine sur du papier recyclé (revues, journaux, livres…), terrain jeu d’un graphisme au trait noir où l’humain évolue entre réalisme et onirisme. Et où la couleur maintenant se glisse en intruse. Ses œuvres font trois à quatre mètres de hauteur et se lisent recto verso. En déambulant parmi ces grands formats, on y croisera plusieurs personnages, aux visages mélancoliques fardés de joie de vivre où la théâtralité de la vie n’est jamais bien loin.

Texte de Pauline Overney pour http://www.lorrainemag.com/